lundi 8 juin 2015

Interview d'Aude de Beyssac : sculpteur

Bonjour Aude, pour commencer pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? 


Je m'appelle Aude de Beyssac, j'ai 47 ans, je suis sculpteur depuis quinze ans. Au départ je n'étais pas sculpteur, mais professeure d'espagnol. Pour moi la sculpture était un loisir que j'ai toujours pratiqué depuis l'âge de cinq ans. Puis, j'ai eu l'occasion de prendre un congé parental en 1998 lors de la naissance de mon troisième enfant et je me suis lancée, c'était l'occasion pour moi de changer de profession. J'ai mis deux ans environ à mettre en place la première expo en 2000 et à commencer à travailler avec un fondeur. Cette expo a bien marché et de fil en aiguille ça m'a mis le pied à l'étriller puis après les trois ans du congé parental j'ai démissionné de l'éducation nationale pour me lancer. C'est un loisir qui s'est transformé en métier de façon naturelle. J'adorais l'enseignement, être avec des ados, même si parfois cela pouvait être très dur, mais cette idée de terre me travaillais et les choses se sont enchaînées me permettant de me consacrer entièrement à ma passion. Mais finalement la boucle est bouclée étant donné que depuis 2004 je donne des cours de sculpture. C'est donc un parcours qui retrouve tout de même une cohérence. 

Qu'est-ce qui vous séduit particulièrement dans la sculpture ? 


C'est très dur comme question ... Je pense que c'est la rencontre avec le matériau. J'ai commencé à travailler la terre lorsque j'avais cinq ou six ans, j'ai toujours été dedans et j'adorais ça ! Mais pourquoi le volume ? Je pense que les choses se mettent en place avec sa sensibilité propre. Les choses ne se font pas complètement par hasard, puis après c'est le retour des gens qui compte. On me dit souvent que ce que je fais a beaucoup de douceur, d'humanité, de sensibilité; on me dit souvent que c'est une sculpture de femme. Et j'aime les choses qui sont fines, abouties. La terre c'est un matériau qui me correspond car il est très doux, très sensuel, il permet beaucoup de finesse et de sensibilité. On peut aussi travailler la couleur avec la patine. Puis on compose véritablement le travail, on met véritablement en scène. Mes sculptures sont souvent présentées dans des cadres car j'aime beaucoup le modelé avec un personnage, une attitude ... souvent quand je travaille sur la danse avec le mouvement on a souvent besoin d'appuis. Je fais donc des cadres très tendus, lisses et géométriques, ça permet aussi de moderniser pas mal les pièces. 


Quel artiste vous a le plus influencé ?


Je pense qu'il s'agit de l'ensemble des artistes du XIXe et XXe, en particulier Rodin ou Camille Claudel. Ce sont les premiers a avoir inventé le mouvement en sculpture. Chez Rodin on voit que c'est une sculpture d'homme, tandis que chez Camille Claudel il y a beaucoup plus de sensibilité; je pense que ce sont des sculpteurs qui ont changé vraiment la vision que l'on a du volume. Une des premières sculptures que j'ai faite quand j'avais environ quatorze ans c'était une reproduction de La petite châtelaine de Camille Claudel. 

Rodin, Le penseur
Camille Claudel, La petite châtelaine 

Exercez-vous d'autres formes artistiques ? 


Non, je me consacre pleinement à la terre et à la sculpture.

Comment réalisez-vous une sculpture ? Quelle est votre démarche ? 


C'est variable, j'observe beaucoup l'attitude des gens. Ce que je fais est figuratif et ce qui m'intéresse c'est étudier la façon dont on est soit, la façon de se tenir, une attitude particulière; je trouve que ça révèle énormément la personnalité. Ce qui m'intéresse c'est une sculpture qui est assez sensible, elle doit révéler soit une émotion, soit un état d'esprit, quelque chose qui se passe à l'intérieur ... un regard, quelque chose qui dévoile ce qu'on pense, ce qu'on ressent. L'émotion, le sentiment, l'amour, l'amitié ça a du sens, car l'on n'est pas seulement un corps, mais on a un corps et une âme, et je trouve que l'âme transparaît à travers le corps. C'est pour ça que je reste figurative, c'est l'âme humaine qui m'intéresse. Ça suffit à être le point de départ d'une sculpture après la terre s'anime autour. 

Donc vous partez principalement d'une idée et non d'une photo ou d'un modèle particulier ? 


Ça dépend des fois. Sur une photo, une attitude va m'évoquer quelque chose que je vais alors ressentir, il s'agit d'exprimer l'émotion à travers la terre. Parfois j'ai une idée précise que je ne parvient pas à rendre en sculpture, on a donc parfois des ratés. Il se peut que l'idée qu'on a eu ne rende pas en volume et il faut l'accepter. Il y a des périodes où tout va bien et d'autres où tout est moche. Mais les périodes de doute et de raté amènent une évolution. 

Pour vous la sculpture est terminée dès la cuisson de la terre ou faut-il qu'elle soit fondue en bronze? 


Tous mes originaux sont cuits et patinés, je les met en scène, je vais au bout du projet et c'est là que je vois si vraiment ça me plaît ou pas. Tandis  qu'un bronze est une réplique de la pièce originale dont on est un peu dépossédée car il y a un travail extérieur d'un artisan et il faut accepter qu'une personne extérieure travaille sur votre projet. Je ne peux pas dire que je préfère les originaux, mais il dégage autre chose. C'est tout de même mon original qui compte et non pas le bronze. Le bronze apporte quelque chose de particulier car il accroche la lumière différemment, mais la pièce vous échappe un peu. 

Réalisez-vous vos sculptures par rapport à un spectateur potentiel ? 


Je pense qu'il ne faut surtout pas penser à ce que la sculpture va donner, car on rentre dans une démarche commerciale et il faut faire exactement ce que l'on a envie de faire comme on l'aime. Après si ça rencontre un public c'est très bien, sinon tant pis. Mais je pense que si l'on réfléchit par rapport à l'appréciation du public, on y perd son âme. Ce qui fait la valeur de son travail c'est le fait qu'il est unique car réalisé par une seule personne.

Mise à part la valeur commerciale, il y a beaucoup d'artistes qui souhaitent faire passer un message à travers leurs œuvres. 


Je ne veux pas utiliser l'art pour dénoncer ce qui est dur dans le monde, je pense que la vie est déjà assez dure comme ça, la vie est faite de grandes joies et de grandes difficultés, c'est lourd. Je pense qu'on en a suffisamment sur les épaules. Au contraire le plus grand compliment qu'on puisse me faire, c'est un client qui rentre chez lui et qui me dit que lorsqu'il voit ma sculpture il est apaisé, que ça lui fait du bien. C'est sûr qu'il y a beaucoup d'artistes qui ont une démarche de dénonciation. Surtout à l'heure actuelle, l'art n'est devenu que message, on ne s'intéresse plus au beau, on dénonce quelque chose. Pour moi c'est une forme d'art, mais je trouve qu'on a un peu détourné le mot art car l'esthétisme est a la base de celui-ci. Mais ça n'est pas une critique, même si je pense que tous ces artistes là, qui cousent des biftecks pour faire une robe afin de dénoncer la société de consommation, vis-à-vis de gens comme moi estiment que je fais de l'artisanat. Je pense que c'est la même différence qu'il y avait autrefois entre art et artisanat. Je pense que cette différence là existe toujours et tous ces artistes qui travaillent des concepts ne mettent pas sur le même plan ceux qui travaillent directement la terre, le matériau, même s'il y a de la place pour tout le monde. Aujourd'hui il y a deux formes d'art parallèles qui ne se côtoient plus. De plus, la spéculation a changé beaucoup de chose, le développement du marché de l'art a contribué à l'évolution de son statut. 

Voilà quelques photos pour découvrir l'oeuvre de Aude :



dimanche 7 juin 2015

Weather Festival vu par Vic !






Vendredi 5 juin


Une programmation de haut niveau pour tous les gouts : scènes printemps et été plutôt blooming face à des scènes automne et hiver plus darks, ainsi qu’une scène ambient expérimentale. Le plus dur, c’est de choisir. Qui voir ? Quelle ambiance ?
Un Q.G. pour ma part, en hiver : Len Faki nous a emmené loin avec une techno berlinoise métallique alors qu’à côté, en automne, Ben Klock annonçait déjà la folie berlinoise qui se concrétiserait le lendemain avec SA venue (cf. Samedi 6 juin, Marcel Dettmann). Et The Driver aka Manu le Malin nous a boosté pour le reste de la journée avec un set d’une puissance électrique qui a su nous faire raver jusqu’à 7h (et non pas 8h comme prévu … trop de bruit dixit les voisins des alentours !). Et c’est bien de cela que l’on a eu : du BRUIT ! Mais pas n’importe lequel, du bon. Parce que OUI, on peut aller au Weather Festival pour la musique, et pas pour autre chose. Pouvoir se payer le luxe d’avoir des DJs, parmi les meilleurs au monde, se déplacer, l’espace de quelques heures pour leur set, à Vincennes pour nous faire vivre certains des plus beaux moments de notre vie nocturne.



Samedi 6 juin


C’était décidé d’avance, je devais arriver plus tôt que la veille (0h30) pour danser sur le set de Zadig et d’Abdulla Rashim en hiver (19h-22h). Mes amis ne s’étant pas réveillés à temps, c’est seule, entourée de milliers d’inconnus, que j’ai pu commencer la soirée avec un super set où l’on sentait que les DJs se faisaient plaisir en nous faisant plaisir : un techno lourde qui n’a pas eu peur de nous faire trembler. C’est l’avantage d’écouter ces sets en live : le son est toujours plus fort, et ce n’est pas simplement que dans nos têtes que ça résonne mais bien dans l’ensemble de notre corps. Ricardo Villalobos en automne a quant à lui su satisfaire notre soif (mes amis étant arrivés entre temps !) de sensations toujours plus fortes. Mais c’est surtout la tête d’affiche de la soirée qui ne m’a pas déçu : Marcel Dettmann. Marcel. Dettmann. Une légende pour tous ceux qui aiment la techno berlinoise et qui comme moi, rêvent d’aller l’écouter chez lui, au Berghain. Et donc, comme on ne pouvait pas aller au Berghain, le Berghain est venu à nous… Un set époustouflant où chaque morceau nous envoyait des décharges de bonheur, relançant de plus belle l’hystérie générale. Enfin, un festival qui s’est terminé, toujours en hiver, avec Collabs 3000 composé de Speedy J et Chris Liebing qui ont su nous donner l’énergie nécessaire pour danser jusqu‘à 8h du mat, chaque beat faisant l’effet d’un électrochoc qui permettait de relancer la machine (en l’occurrence, un corps douloureux de courbatures après plus de 20h de danse sur l’ensemble du festival).



Une première expérience de festival techno qui nous a laissé des étoiles plein les yeux, des souvenirs mémorables et de belles ampoules aux pieds …

Alors oui, certes, on n’a pas pu tout voir et tout écouter, heureusement pour vous et moi, Arte a filmé une bonne partie du festival que l’on peut revoir aux adresses suivantes :

Continuez de rÂver. 


-écrit par VIC-

Weather Festival: rapide impression






Sentir le rythme envahir chacun des membres de son corps. Sentir son corps se démener sur la cadence des basses.  Sentir son cœur s'emballer à l'arrivée de Celui qu'on attendait. Sentir l'hystérie ambiante nous envahir ... Aller à un festival.

Jeudi 4 juin

Francesco Tristano, Derrick May, Dzijanemin accompagnés par l'orchestre symphonique Lamoureux. C'était tout simplement magique. Une musique travaillée, recherchée, profonde, vraie. Une musique qui vous prend au cœur. Une musique qui vous fait faire des hauts et des bas. L'accord des genres musicaux réalisent ici une rencontre mélodieuse et rythmée qui nous emporte avec elle entre violon, piano et électro. 




Petit extrait du bouquet final :


mercredi 3 juin 2015

Vernissage au Jeu de paume: "Corps en résistance" de Valérie Jouve





Dates

Du 2 juin au 27 septembre 2015

Au Jeu de Paume
1 place de la Concorde, Paris

Quand

Du mardi au dimanche

Notes





Cette exposition composée de sept salles présente le projet photographique de Valérie Jouve de manière à mettre en sens les images. La scénographie présente l'évolution du travail de cette artiste qui lui-même suit l'évolution du monde et se construit par rapport à celui-ci. La thématique englobant son oeuvre est celle de la présence de l'homme au monde, son rapport avec ce qui l'entoure.
A travers cette exposition, Valérie Jouve souhaite vraiment mettre en relation les images entre elles, que l'entité personnelle de chaque prise de vue communique avec les autres afin de faire entrer le spectateur dans une véritable démarche.

Cette photographe dynamique et passionnée s'attache particulièrement au travail de l'optique dans ses œuvres: Elle joue sur la perspective en la cachant ou au contraire en la mettant en avant. Ou alors elle travaille des plans successifs mis en scène les uns par rapports aux autres. 
Par exemple dans son oeuvre Sans titre (les situations), elle utilise une technique de collage en découpant diverses photographies manuellement (au ciseau) et non pas informatiquement, avant d'envoyer le tout aux retoucheurs finalisant le travail. Cette petite intervention de l'artiste "bouge beaucoup de choses". En effet au premier regard cette photographie nous semble naturelle, prise dans une rue à New York. Puis après avoir observé un instant on remarque que les deux hommes de dos semblent presque collés sur l'image. Cette intervention de l'artiste permet donc une réflexion propre de l’œil du spectateur sur l’image.
En outre, Valérie Jouve travaille l'ordonnance du temps et de l'espace. De fait, dans cette même photographie, on remarque que les deux groupes d'individus (de dos et de face) se croisent sur une même rue. Cela a pour dessein de signifier la présence de deux mondes qui s'effleurent mais ne se côtoient jamais. La photographie est donc une "chose utopique" étant donné qu'elle permet de mettre en présence des mondes qui ne se rencontrent pas dans la réalité. De plus, cette oeuvre établit une réflexion sur le moment du passage, étant donné que la photo permet de rejouer une scène que notre œil ne voit pas ou à laquelle il ne fait pas attention. 

Sans titre (les situations), 1998

Ce questionnement se retrouve dans la pièce Les sorties de bureau étant donné que celle-ci représente le dynamisme programmé des corps se déplaçant d'un espace clos à un espace public.

En outre la présence du fonde monochrome gris permet de laisser un certain mystère planer sur ces photographies. Celles-ci ne sont pas résolues mais au contraire elle sont un "mise en suspens" permettant de questionner la société. De fait, la possibilité de se réapproprier l'image nous aide à réfléchir et à nous projeter. Ces "images ouvertes" établissent un véritable rapport avec la pensée, elles sont un lieu d'expérience et non pas seulement un lieu de contemplation.

Les sorties de bureau 
http://lemagazine.jeudepaume.org/2015/05/avec-valerie-jouve-par-marta-gili-pia-viewing/

La majorité des œuvres de Valérie Jouve ne sont pas nommées afin que le spectateur puisse se les réapproprier et donc construire un rapport personnel avec celles-ci.
Cependant, un travail présenté sous forme de diaporama nomme le lieu: il s'agit du portrait des villes palestiniennes. En effet, l'artiste cherche à montrer que ce territoire possède une véritable identité sans pour autant donner une leçon sur ce qu'est la Palestine. Il s'agit d'un travail documentaire et non politique.


Sans titre, 2013
http://slash-paris.com/evenements/valerie-jouve-cinq-femmes-du-pays-de-la-lune

L'avant dernière salle présente de nouvelles pièces réalisées spécialement pour le Jeu de Paume, fait plutôt rare car Valérie Jouve présente souvent d'anciennes œuvres étant donné qu'elles possèdent leurs entités propres. Cette salle présente donc de nouvelles photographies réalisées au Guatemala. Le spectateur est introduit dans ses images par la présence d'une figure féminine de dos, il s'agit de Tania une jeune chanteuse de blues, amie de l'artiste. En effet, Valérie Jouve travaille sur un nouveau film Le Blues du Guatemala qui serait guidé par la voix de cette chanteuse. 


http://www.coproducciones.net/?lg=5&id=2&pageNum_linhasClasses=7
Propriété de L'art le souffle de la vie


Propriété de L'art le souffle de la vie

Valérie Jouve s'intéresse aussi au cinéma, c'est pourquoi deux salles sont consacrées à la présentation de certains de ses courts-métrages. Elle souhaite allier ces différents arts (photographie et cinéma). Cette volonté d'association est notamment visible dans la dernière salle de l'exposition étant donné que cinq projecteurs différents projettent tour à tour, ou en même temps, différentes vidéos sur des écrans plus ou moins larges.

Ainsi, Valérie Jouve vogue entre différents lieux pour réaliser ses œuvres: principalement Marseille, la Palestine et le Guatemala. Tout en cherchant à établir une véritable relation entre ses photographies, mais aussi avec le spectateur. Sa démarche n'est pas seulement artistique mais aussi anthropologique. En effet avant de se consacrer à la photographie celle-ci réalisa des études d'anthropologie. C'est pourquoi de ses études elle retient notamment la méthodologie, mais cherche à établir une nouvelle conclusion ne figeant pas le vivant mais au contraire cherchant à présenter l'évolution de celui-ci. 

jeudi 7 mai 2015

Interview : Alma Rosaz - photographe

Bonjour Alma Rosaz et merci d'avoir accepté de répondre à mes questions !
Peux-tu te présenter pour les lecteurs du blog qui ne te connaîtraient pas ?

 

Hey ! Merci à toi de m'accorder un article sur mon travail dans ton blog ! 
Alors, je m'appelle Alma Rosaz, j'ai 19 ans. Je suis actuellement en deuxième année d'étude de photographie à "University of the Arts of London".

Quand as-tu commencé à t'intéresser à la photographie ? 


Mon intérêt pour la photographie remonte à mon enfance. Depuis toute petite je passe mon temps le nez dans les albums de famille, chez mes grands-parents et chez moi, on doit en avoir des centaines en tout. J'ai toujours été attiré par les photos et l'idée de préserver un moment, un instant unique, de le garder à vie dans un album ou un cadre. Ça m'a toujours fasciné. J'ai réalisé qu'une photo était un souvenir physique. 

Ensuite, en grandissant, j'ai décidé de faire de petits films avec le vieux caméscope de mes parents. Puis un jour, en 2007, à l'âge de 11 ans, j'ai trouvé dans les affaires de mes parents un appareil numérique. Je le leur ai pris, l'ai emmené en vacances avec nous pendant lesquelles j'ai pris des tas de photos avec mes cousines. Et c'est de là que tout est parti ! J'ai ensuite vite décidé de faire des shooting photos avec mes copines, en utilisant des milliers d'accessoires. C'est alors devenu une activité du weekend. C'est comme ça que tout a commencé ! 

Une photo, un photographe t'aurait-il marqué quand tu étais plus jeune et guidé vers cette voie ?


La photographie qui m'a vraiment marqué et qui m'a incité à étudier la photo est Annie Liebovitz. Je l'ai découverte grâce à ma professeure d'art plastique quand j'étais en Première (11th grade, à la American International School of Lagos, au Nigéria). Dès que j'ai vu le travail d'Annie, je me suis rendue compte qu'il était possible de percer dans ce monde et que la photographie étant un média à travers lequel un artiste pouvait créer son propre univers. 

Natalia Vodianova représentée par DNA Model Management: photo de Annie Liebovitz

Willie Nelsonphoto de Annie Liebovitz

Quand as-tu su que tu voulais consacrer ton métier à la photographie ?


J'ai su que je voulais devenir photographe quand ma professeure d'art plastique de Première a découvert mes photos et m'a dit que je devais en faire mon métier et que mes photos étaient de l'Art.
Et puis bien sûr, le travail et le succès d'Annie Leibovitz ont joué aussi.

Dans quel métier de la photographie aimerais-tu te spécialiser ? 


J'aimerais me spécialiser dans les photos de magazine de mode et plus spécifiquement dans la mode Enfants. Mon rêve serait de travailler pour le MILK Magazine. 

Quel est ton sujet favori ?


J'aime beaucoup le monde imaginaire. C'est-à-dire créer des mondes et des atmosphères non réels et apporter de la magie à une mise en scène un utilisant des accessoires. 

Qu'est-ce qui te séduit dans cet art ?


Ce qui me séduit dans la photographie c'est cette habilité à pouvoir  raconter une histoire et communiquer des émotions à travers une image figée, sans mouvements, contrairement aux films.

Exerces-tu d'autres formes artistiques ? 


J'ai beaucoup peint et dessiné jusqu'à mes 17 ans, mais j'ai vite arrêté quand je suis rentrée à l'université. 

Quelques conseils pour ceux qui se lancent dans le monde de la photographie ?


Le conseil le plus important et crucial que je donnerais est de pousser ses limites, créer les idées que l'on a dans sa tête et foncer ! Il faut être ambitieux et ne surtout pas perdre confiance en soi ! 

Aussi, il faut beaucoup regarder les magazines, les sites photos, les pages photos Facebook et aller à des expositions pour s'en inspirer et ensuite faire de plus belles photos ! 

La technique vient en dernier. Je pense que si on naît photographe, la technique est acquise naturellement. Bien sûr, il faut prendre des cours pour comprendre ce qu'est la vitesse, l'ouverture et le ISO et comment marche Photoshop, mais pour moi, le plus important c'est l'idée derrière la photo et son message.

Pour retrouvez Alma Rosaz :


Quelques photos pour découvrir Alma Rosaz :


samedi 2 mai 2015

Jean-Paul Gaultier au ... GRAND PALAIS !




Dates

Du 01 Avril 2015 au 03 Août 2015.

Grand Palais
3 Avenue du Général Eisenhower, 75008
Galeries Nationales

Quand

Du mardi au vendredi de 10h à 22h (fermeture hebdomadaire le mardi),
le mardi et le dimanche de 10h à 20h.

Note (/4)




Sur les pas du retentissant Yves Saint Laurent, Jean Paul Gaultier investit le célèbre Grand Palais de son vivant !

Cette rétrospective, qui n'en est pas vraiment une, nous plonge dans l'univers hétéroclite, anticonformiste, délirant et libre du fameux styliste français Jean Paul Gaultier. Les différentes thématiques des salles nous font voyager dans les divers mondes caractérisant l'évolution de ses collections. Il s'inspire de différents univers poétiques de Jean Cocteau à Jean Genet, en passant par Jacques Prévert, afin de créer son propre monde. Pour lui, un défilé est une mise en scène, il doit raconter une histoire, faire rentrer les spectateurs dans son univers; c'est pourquoi chaque collection est unique et originale. 

La scénographie thématique nous dévoile différentes passions caractéristiques du parcours de Jean Paul Gaultier. Voici un bref avant goût de ce que vous découvrirez: 

Une salle est dédiée aux déclinaisons de sa célèbre marinière: robe, pantalon, chemise, portez cette juxtaposition de lignes comme vous le souhaitez ! On découvre notamment l'origine de ce fameux motif qui remonte à l'enfance : 
"J'aime depuis toujours l'aspect graphique, architectural de la rayure. Ma mère m'habillait avec des pulls marins, il vont avec tout. C'est un basique, un vêtement qui ne se démodera probablement jamais." (J-P Gaultier)



Jean Paul Gaultier est aussi celui qui a réintroduit le corset dans la tenue vestimentaire comme revendication de la liberté féminine. Madonna, une des principales effigies de ce styliste, a adopté le corset, elle affirme notamment : 
"Je trouve les corsets Gaultier très sexy. Les porter, c'est pour moi une façon très personnelle de m'exprimer. Seul le port forcé du corset est opprimant. [...] Quand on le détourne de sa fonction initiale, le corset devient un symbole de pouvoir et de libération sexuelle."


Cet artiste est aussi reconnu pour son anticonformisme : Il transgresse notamment les tabous de la religion. En effet, il ne cherche pas à représenter une religion en particulier mais au contraire cherche à célébrer la pluralité des croyances parcourant notre monde, aucune critique n'est émise, il souhaite seulement célébrer la beauté présente dans chaque religion.


Cette célébration de la diversité se retrouve dans sa volonté de réunir les genres au sein de ses créations. Pour lui il n'y a aucune limité sociétale, il est totalement libre dans son art et c'est bien là la beauté de l'art ! 
"Je ne crois pas que les tissus aient un sexe", affirme Jean Paul Gaultier.


La diffusion de ses créations au niveau cinématographique nous est aussi présentée. De fait, son originalité en a séduit plus d'un: Luc Besson dans son film le Cinquième Élément, ou encore Pedro Almodovar avec La peau que j'habite. De plus, il est le premier couturier à avoir été membre du jury du festival de Cannes en 2012.

La peau que j'habite

Le Cinquième Elément

Au départ, le Cinquième Elément devait réunir les acteurs Julia Roberts, Mel Gibson et Prince, mais cela ne put se faire faute de financement. Jean Paul Gaultier avait donc conçu le costume de Ruby Rhod joué par Prince. Un jour, il avait rendez-vous avec Luc Besson pour présenter ses créations à Prince. Mais Luc étant en retard, il essaya de présenter son travail dans un anglais approximatif. Pendant sa présentation Prince n'eut aucune réaction, puis plus tard il dit à Luc Besson qu'il avait été amusé par sa rencontre avec Jean Paul Gaultier; en effet, il crut entendre "fuck you" au lieu de "faux cul" !


En résumé, Jean-Paul Gaultier a une vision iconoclaste et libre de notre monde. 

"Je crois qu'aujourd'hui, la façon dont on s'habille est une forme d'expression artistique. Saint Laurent, par exemple, a fait du grand art. L'art réside dans la façon de composer la tenue entière. Prenez Jean Paul Gaultier. Ce qu'il fait est vraiment de l'art."
(Andy Warhol) 


(Désolée pour la qualité des photos, je n'avais que mon portable sur moi)