dimanche 15 mars 2015

La minute culturelle: L’art au XXe siècle, un changement de paradigme.


Une évolution totale de la société.


Les progrès techniques remettent en question la finalité de l’art pictural. En effet, la notion de sujet est questionnée par l’invention de la photographie et du cinématographe étant donné qu’il permet la reproduction parfaite du monde en mouvement. La  peinture doit alors se renouveler, son dessein de pouvant plus être seulement l’imitation de la nature, de la réalité.            
Les premiers artistes à tendre vers l’abstraction sont originaires de Russie ; or de grands travaux archéologiques permettent la découverte de l’icône byzantine en tant qu’œuvre d’art et plus seulement en tant qu’objet de prière. Enfin, le développement de la musique atonale initiée par Schoenberg déclenche la plongée dans l’abstraction picturale.

Les mythes fondateurs.


- Un tableau disposé à l’envers dans l’atelier de Kandinsky lui aurait donné l’idée de réaliser un sujet renversé menant progressivement sa peinture vers une forme d’abstraction.
- L’exposition à St Petersburg de Monet : En effet, dans ses séries la réalité se trouve  de plus en plus dissoute, notamment par l’omniprésence de l’eau, ainsi le travail de la couleur l’emporte sur celui de la ligne. Cependant Monet n’a pas conscience qu’il tend vers une forme d’abstraction.
Monet Claude, Water Liles Green Harmony, après 1914
Peinture à l'huile, 200 x 425 cm
Musée de l'Orangerie, Paris
- La rencontre de Kandinsky et de Schoenberg lors d’un concert de musique atonale.
La révélation connue par Kandinsky se fait ressentir dans ses paroles à Schoenberg :
«  Le destin spécifique, le cheminement autonome, la vie propre des voix individuelles dans vos compositions sont moi aussi ce que je recherche sous une forme picturale ».

Kandinsky ouvre la voie à l’abstraction.


Pour Kandinsky, l'abstraction est une « nécessité intérieure », selon lui elle s’impose, il n'était plus possible de retenir ce mouvement. 


Cet artiste a toujours hésité entre la musique et la peinture jusqu’au jour où il se décide de se consacrer entièrement à l’art pictural. Il a trente ans lorsqu’il réalise ses premières œuvres reconnues comme néo-impressionnistes. Puis, il fonde le courant du cavalier bleu (Blaue Reiter) avant de parvenir à une période divisée en trois catégories :     


- Les Impressions : toiles avec une dimension figurative.             
ex : Impression V (Parc) : On reconnait deux cavaliers. Mais les repères iconographiques se dissolvent, les tâches de couleurs libres se développent, ainsi que le travail du rythme.



ex : Impression III (Concert), 1911 : Quelques éléments figuratifs sont encore présents, mais la volonté de l’artiste n’est plus de représenter un sujet, mais transmettre des éléments musicaux ; par exemple, l’aplat jaune associé à la couleur noire produit un effet de simultanéité. 





- Les Improvisations : trace d’élans, de mouvements intérieurs.                  
ex : Improvisation 34 (Orient II) : On remarque un mélange des touches de peinture, celles-ci sont décousues, la trace du pinceau est visible, et les lignes sont présentes mais n’enferment pas la peinture.  


      
- Les Compositions : véritable passage à l’abstraction avec une absence complète de sujet.     
ex : Composition Vi : couleurs et lignes vivent leur vie indépendamment des unes et des autres.



Puis à partir des années 1920, après s’être exilé de Russie à cause d’une révolution décevante, Kandinsky décide de théoriser son travail, en particulier dans son ouvrage Point ligne sur plan. On remarque alors un recours aux formes géométriques plus systématique et une structuration de l’espace pictural beaucoup plus travaillé notamment grâce à un usage valorisé de la ligne encadrant la couleur.       
         
ex : Ligne transversale : On remarque une utilisation systématisée de formes géométriques permettant une véritable réflexion dans la composition, rien n'est réalisé de manière arbitraire.  

             

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