lundi 6 avril 2015

Le Presbytère, n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat ...




Presque deux heures de beauté des corps, des mouvements, des lumières, des sons ...
De la danse contemporaine sur du Queen entrecoupée de Mozart : ça c'est du Béjart.
Un spectacle anti-conformiste qui nous emporte dans un monde imaginaire aux milles facettes, jamais ne pourrez-vous anticiper un geste ou un saut, la surprise rythme le rapport du spectateur au spectacle. Un spectacle qui nous ébloui, au sens propre comme au figuré: les spots de lumière jaillissent tel un véritable concert de Queen, la maîtrise des chorégraphies fascinent. Comment un mouvement non conforme à la danse peut-il devenir partie prenante d'un enchaînement beau et harmonieux ?
Demandez à Béjart.  

Le Presbytère. Une oeuvre fondamentale créée en 1997 au théâtre de Chaillot à Paris. Les 37 danseurs rendent hommage non seulement à Jorge Donn et Freddie Mercury, mais aussi au grand metteur en scène décédé en 2007, Maurice Béjart.
Le Presbytère. Repris par le disciple de Béjat, Gil Roman, ce spectacle pose la question du désir et de l'amour, de la mort et de la force vitale à l'époque du sida le tout dans un choc culturel musical.

Voici les mots de Béjart lui-même présentant son oeuvre :

Il y a un peu plus de trente ans, au milieu de la surprenante musique de Berlioz entrecoupée de bombardements et de bruits de mitrailleuses, un Frère Laurent peu conventionnelle s'écriait devant Jorge Donn et Hitomi Asakawa : " Faites l'amour, pas la guerre ! ".
Aujourd'hui, Gil Roman, qui a à peu près l'âge de la création de mon Roméo et Juliette, entouré de danseurs qui n'ont jamais vu ce ballet répond : " Vous nous avez dit : faites l'amour pas la guerre. Nous avons fait l'amour, pourquoi l'amour nous fait-il la guerre ?".
Cri d'angoisse d'une jeunesse pour laquelle le problème de la mort par l'amour s'ajoute à celui des guerres multiples qui n'ont cessé dans le monde depuis la soi-disant FIN de la dernière guerre mondiale !
Mes ballets sont avant tout des rencontres : avec une musique, avec la vie, avec la mort, avec l'amour ... avec des êtres dont le passé et l'oeuvre se réincarnent en moi, de même que le danseur que je ne suis plus, se réincarne à chaque fois en des interprètes qui le dépassent.
Coup de foudre pour la musique de Queen. Invention, violence, humour, amour, tout est là. Je les aime, ils m'inspirent, ils me guident et, de temps en temps dans ce no man's land où un ballet sur la jeunesse et l'espoir puisque, indécrottable, optimiste, je crois aussi malgré tout que the show must go on, comme le chante Queen.

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