dimanche 18 mai 2014

La Nuit des Musées 2014: L'étrange Cité



Dates


Du 10 mai au 22 juin 2014

 

Où 


Au Grand-Palais
3 Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris 

 

Quand


De 10h à 19h, le lundi, mercredi et dimanche.
De 10h à 0h00, le jeudi, vendredi et samedi.
(fermé le mardi)

 

 Note



Cette mystérieuse exposition à lieu avec le projet Monumenta.  Ce concept unique au monde a été mis en place en 2007 par le Ministère de la Culture et de la Communication. Chaque année un artiste contemporain différent est invité à envahir l'incroyable espace situé sous la nef du Grand-Palais. Ils doivent concevoir une œuvre spécialement pour l'occasion qui occupera à sa manière les 14 000 mètres carrées présents sous la verrière parisienne. Cette année l'honneur est réservé à un couple d'artistes russes, Ilya et Emilia Kabakov.


Qui ?

Ilya Kabakov est né en 1933 à Dnipropetrovsk en ex-URSS. Il s'agit d'un artiste majeur sur la scène international. Il réalisé différents travaux artistiques: des installations, des peintures ou encore des sculptures.
Emilia Kabakov est née en 1945 dans la même ville. Diplomée de la Faculté de Musique de Moscou, elle sera conservatrice de musée et marchande d'art à partir de 1975 à New-York.
Leur travaux réunissent des éléments conceptuels avec ceux de la vie de tous les jours. De plus, même s'ils restent profondément attachés au contexte de l'Union Soviétique, leurs œuvres ont tout de même une dimension universelle.

Organisation 

Un parcours a été mis en place par l'artiste lui même. Le spectateur doit passer par neuf salles différents tout en déambulant dans la cité.
(Un plan est fourni à l'entrée)


Mon expérience

L'arrivée

Après une organisation de dernière minute, je réunis mes affaires, claque la porte et saute dans le bus pour attraper le train, direction: Paris 8e ! Je retrouve une amie dans le train, puis nous rejoignons Vavi à l'arrêt Champs-Elyées Clémenceau.
Une fois revenue à l'air libre face à l'imposante statue du Général De Gaulle, on remarque alors le monde. Oui, une foule s'étend devant nous. Chaque trottoir contenant une queue plus que longue ! En même temps, c'est pas tous les jours que les musées sont gratuits ! Alors prenant notre courage à deux mains nous plongeons dans cette mer humaine jusqu'à l'entrée de l'exposition Monumenta. Et là ... La magie de Paris opère encore une fois ! Nous avons choisi la seule exposition où la queue ne fait que quelques mètres. Le sourire aux lèvres nous pénétrons donc à l’intérieure de la nef. Je ne me lasserais jamais de cette extraordinaire verrière laissant passer les rayons orangés d'un soleil couchant jusqu'à nous ... Puis, après avoir longé un long et imposant mur immaculé de blanc, mon regard est attiré par une étrange structure.

La coupole

On se retrouve devant une énorme coupole changeant de couleur au rythme d'étranges et puissants sons. En effet, elle est inspiré par la théorie du musicien russe Alexandre Scriabine. Celui-ci a créé un orgue lumineux permettant une harmonie entre les sons et couleurs, grâce au système de la synesthésie. On retrouve ce concept chez le compositeur Richard Wagner avec son idée d’œuvre d'art totale. Celle-ci consiste en une union entre tous les arts ayant pour dessein le reflet de l'unité de la vie.
Cette coupole de 20 tonnes fut tout d'abord construite pour un opéra. Mais elle est maintenant utilisée pour divers évènements. 


L'entrée dans la Cité

Ce reste de porte rappelle les ruines des temples romains dressées là en souvenir d'un temps révolu. Ce vestige symbolise l'entrée dans cette cité de l'étrange, car une fois à l’intérieur vous quittez la vie parisienne pour pénétrer dans un rêve ... 


Le musée vide

La découverte d'un rêve débute avec cette étrange salle où rien n'est visible, mais tout est là. Les murs peints en rouges sont éclairés ici et là d'un halo de lumière désignant l'emplacement de tableaux inexistants. Puis au centre, d’accueillant fauteuils nous invite à prendre place. Dans ce mystérieux endroit, l'artiste invite le spectateur à laisser ses pensées vagabonder au grès de La Passacaille du fameux Jean-Sébastien Bach. Ce musée vide expose donc des sons au lieu de tableaux.



Manas

La visite continue dans une salle suffocante où s'entasse un public hétéroclite. Au centre, une immense maquette présente une ancienne ville tibétaine. Cette ville utopique de Manas était présente dans le pays mythique de Shambhala. Celle-ci était séparée en deux entre le niveau terrestre et celui de la vie quotidienne. De plus, les montagnes l'entourant permettent aux habitants de rester en lien avec le cosmos et le spirituel. 



Ce projet de ville utopique où les habitants vivraient heureux en harmonie se retrouve dans la pensée de nombreux philosophes ou architectes.
Prenons l'exemple de Voltaire qui dans son ouvrage Candide décrit l'existence d'une ville utopique: l'Eldorado. En effet, ce petit village reclus du monde entre de hautes montagnes, réunit richesse, bonheur et harmonie !   




Le centre de l'énergie cosmique

(Ça c'est du nom !)
La maquette présente au centre de la salle, regroupe trois bâtiments. Soit le réservoir antique de l'énergie cosmique, le Centre de l'énergie cosmique et le laboratoire de communication avec la noosphère. Ces infrastructures sont composées de paraboles de pierres pour capter l'énergie, située sous la terre. Puis, à la surface se trouvent des laboratoires ou des amphithéâtres, qui ont un inclinaison de soixante degrés (comme les petits bonhommes que l'ont retrouve aux angles des bâtiments). L'artiste a choisi cette angle, car il permet le déversement de l'énergie cosmique sur terre !



Pour réaliser ces maquettes, Ilya Kabakov s'est inspiré de l'antiquité où l'on retrouve des construction possédant une telle inclinaison. En effet, les pyramides égyptiennes, les ziggourats mésopotamiennes ou encore Delphes et Lhassa, ont une inclinaison de soixante degré. Aujourd'hui certains bâtiments suivent ce modèle, comme la Tour de Tatline ou la tribune pour orateur d'El Lissitzky.

 

Enfin, l'artiste essaye surtout d'expliquer les liens entre le passé et les mondes imaginaires à travers cette construction. 

Comment rencontrer un ange

Cette salle a pour but de nous expliquer comment rencontrer un ange. Selon Ilya Kabakov, cette rencontre est possible dans certaines conditions. Lorsque notre vie atteint un passage difficile, extrême. Différentes présentations de cette rencontre sont donc disposées, c'est à vous de vous y plonger pour comprendre cette aspiration vers le ciel.
Cette figure est très présente dans l'oeuvre d'Ilya Kabakov car il a subit le stalinisme de plein fouet et, à travers ce messager aux ailes immaculées, il nous rappelle qu'il est impossible de survivre sans espoir ni spiritualité. Il nous renvoie à une aspiration au bonheur et à la raison qu'il ne faut pas négliger.


L'artiste décrit un protocole pour arriver à cette rencontre surnaturelle. Il affirme qu'il faut enfiler une paire de fausses ailes blanches, puis, seul, s’assoir sur une chaise sans rien faire pendant cinq à dix minutes. Une fois terminé il faut voguer à vos occupations sans sortir de sa chambre. Puis, deux heures s'étant écoulées on doit alors répéter l'action précédente. Pour obtenir le but rechercher, il faut absolument effectuer cet exercice quotidiennement pendant deux à trois semaines.

Les portails

Lorsque que l'on pénètre à l’intérieur de cet espace, une installation attrape le regard et questionne. Une porte ouverte, seule, ne menant nul part, est positionnée au centre. Elle pose le problème de la distinction entre l'intérieur et l’extérieur. Puis, tout autour un même sujet est décliné à l'aide de techniques et couleurs changeantes à travers douze tableaux distincts. Ils sont composés d'un paysage où l'on distingue au loin une porte à différentes étapes de la journée. Cette série de tableaux rappelle les œuvres impressionnistes, ainsi que Paul Cézanne et son fauvisme. C'est comme si, l'artiste avait voulu laisser de côté l'art contemporain l'espace d'un instant.
A travers ces portails, Ilya Kabakov a voulu que le spectateur est le rôle principal dans son oeuvre. Celui-ci doit s'approprier l'espace, sachant que les portails représentent les grandes étapes de notre vie. Oui, on a tous à un moment ou un autre du passé une porte, faire un choix, abandonné une vie pour une autre ...

La chapelle blanche

On pénètre dans une salle au murs blancs entrecoupés de morceaux de peintures. Celles-ci rappellent les fresques présentent dans les anciennes églises. Mais, la blancheur des murs semblent s'emparer petit à petit de ces peintures, ici des souvenirs de l'artiste. En effet, l'on peut apercevoir des images de la propagande soviétique en partie englouties par le temps. Notre mémoire effaçant progressivement nos souvenirs ...


La chapelle sombre

Pour finir cette mystérieuse promenade, le visiteur se retrouve à nouveau dans un salle rappelant une église de la Renaissance à la lumière tamisée. Cette fois les murs sont couverts de quatre imposantes peintures aux couleurs sombres, rappelant l'époque baroque et partiellement effacée à certains endroits. De la même façon, elles évoquent des souvenirs de la période soviétique ou d'évènements singuliers de la vie de l'artiste associés les uns aux autres sans véritable liens. Cela désigne peut-être l'enchevêtrement de nos souvenirs au fond de notre mémoire. En effet, ne vous arrive-t-il pas de confondre un souvenir avec un autre ?

Conseils

Il est préférable d'éviter la foule, donc essayer d'y aller en semaine.
De plus, d'après mon expèrience, je pense qu'il faut effectuer un premier tout de la cité à sa guise sans aucunes explications, afin de se concentrer sur nos propres sentiments. Puis recommencer en suivant le parcours indiquer tout en lisant les explications.

Le plus

Une application smartphone a été spécialement créé pour l'occasion ! Elle apporte des explications et des conseils en plus, tout en vous tenant informer de la programmation.

 
En effet, des évènements sont organisés: des performances, ou la diffusion de films.
Une performance (à laquelle je n'ai malheureusement pas pu participer)
En plus, vous pouvez faire un petit coucou aux visiteurs de la Cité des Sciences via un petit robot !

(Les visages sont floutés pour garder la vie privée de ces personnes)

Compléments 

Voici la vidéo présentant l'exposition :



Une petite interview de l'artiste Ilya Kabakov :

 https://www.youtube.com/watch?v=V7PcwjlFIGM

Pour le plaisir






 

 


 

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