Comment êtes-vous entré dans l’univers théâtral ?
J’ai eu la chance d’avoir une mère ayant pratiqué du théâtre
dans un contexte amateur, donc déjà petit ça m’intriguait. Puis assez
rapidement j’ai même intégré la troupe de ma mère pendant un an et le metteur
en scène m’a dit que je devrais faire un conservatoire d’arrondissement. A l’époque j’habitais en Belgique, je suis arrivé il y a seize ou dix-sept ans
en France.
Un artiste vous a-t-il marqué ?
Il y en a beaucoup. Michel Serrault
par exemple. Comme beaucoup d’enfants j’ai adoré Louis de Funès évidemment. Il
y a aussi Claude Rich ou Philippe Noiret. Je n’ai cité que des hommes, mais il
y a aussi de très belles comédiennes comme Danielle Darrieux, Marie Christine Barrault
ainsi que Geneviève Casile.
Vous faites essentiellement du théâtre, mais avez-vous déjà pensé au cinéma par exemple ?
Je préfère nettement le théâtre,
mais si demain je dois tourner je serais aussi ravi ! Mais il est vrai que
le cinéma c’est complètement autre chose. La prise de risques au théâtre est
tellement plus excitante. C’est Jean-Pierre Bacri qui a demandé à son père de
tourner dans un de ses films alors qu’il n’était pas comédien et au
montage on a fait en sorte qu’il soit le mieux possible, en prenant plusieurs
prises. Alors qu’au théâtre il n’aurait jamais pu faire ça. Je connais des
comédiens qui tournent actuellement et qui ne pourraient pas tenir une demi-heure
sur scène. Quand vous entrez en scène c’est absolument incroyable, c’est un pari,
vous y allez et vous n’avez pas le droit de vous planter. Enfin les
applaudissements, le retour du public, c’est la plus belle récompense.
Lorsque vous faites des mises en scène pensez-vous à l’impact sur les spectateurs ?
Alors ça c’est autre chose !
Jusque-là, je vous parlais en tant que comédien. J’ai peu pratiqué la mise en
scène dans un cadre professionnel, je la pratique surtout dans un cadre
scolaire avec l’option théâtre au lycée Franklin que j’anime. C’est génial de
mettre en scène une pièce avec des amateurs.
Ce que j’aime aussi c’est concevoir le décor car je ne peux pas imaginer une mise en scène sans avoir pensé celui-ci auparavant. Beaucoup d’auteurs ont une idée claire du décor donc j’essaie de respecter ça. Mais j’aime aussi prendre des risques. Il m’est arrivé de monter l’Avare où normalement tout se passe chez Harpagon et là j’ai voulu que tout ait lieu dans son jardin là où il cachait sa cassette. J’ai beaucoup aimé l’expérience de l’Avare car on a pris énormément de risques.
Ce que j’aime aussi c’est concevoir le décor car je ne peux pas imaginer une mise en scène sans avoir pensé celui-ci auparavant. Beaucoup d’auteurs ont une idée claire du décor donc j’essaie de respecter ça. Mais j’aime aussi prendre des risques. Il m’est arrivé de monter l’Avare où normalement tout se passe chez Harpagon et là j’ai voulu que tout ait lieu dans son jardin là où il cachait sa cassette. J’ai beaucoup aimé l’expérience de l’Avare car on a pris énormément de risques.
Comment le décor peut-il traduire l’histoire de la pièce ?
Alors prenons par exemple Le Père avec Robert Hirsch, une pièce
racontant l’histoire d’un homme qui a l’Alzheimer et que l’on suit sur quelques
mois de sa vie dans une maison spécialisée. Ce qui était extraordinaire c’était
que le décor se transformait, la scénographe nous a permis d’être dans la tête
du malade et je vous assure que cela était incroyable ! Avec les
expériences que je viens de vivre je me dis qu’il faut absolument que les
décors parlent aux spectateurs.
Que pensez-vous de la citation d’Antoine Vitez : « c’est avoir à jouer l’impossible qui transforme la scène et le jeu de l’acteur »
Chaque année quand on monte une
pièce dans le contexte amateur c’est toujours un défi pour les élèves. Pour l’un
d’entre eux notamment ce fut vraiment difficile de jouer Harpagon, mais le
résultat final fut extraordinaire.
Ça m’est aussi arrivé d’avoir un rôle assez difficile à interpréter dans une pièce de Jean D’Ormesson car je ne me suis pas entendu avec le metteur en scène. J’ai vraiment eu d’énormes difficultés à interpréter ce rôle car il ne m’aidait pas. J’ai alors fait intervenir un autre ami metteur en scène qui m’a coaché discrètement et là j’ai vraiment pu m’amuser.
Mais c’est vrai que les prises de risques transforment les comédiens, l’évolution du personnage se joue dans celles-ci.
Ça m’est aussi arrivé d’avoir un rôle assez difficile à interpréter dans une pièce de Jean D’Ormesson car je ne me suis pas entendu avec le metteur en scène. J’ai vraiment eu d’énormes difficultés à interpréter ce rôle car il ne m’aidait pas. J’ai alors fait intervenir un autre ami metteur en scène qui m’a coaché discrètement et là j’ai vraiment pu m’amuser.
Mais c’est vrai que les prises de risques transforment les comédiens, l’évolution du personnage se joue dans celles-ci.
Pensez-vous que la scénographie a une grande importance dans une représentation ?
Dans mon option théâtre, les
organisateurs savent très bien que je donne beaucoup d’importance à la
scénographie. En effet, je pense que lorsque les comédiens sont bien habillés
et qu’ils jouent dans un véritable décor avec de bons accessoires il se passe
quelque chose ; la qualité les élève et je pense qu’une mauvaise
scénographie peut écraser les comédiens.
Mettez-vous en place une véritable séparation entre la vie quotidienne et votre métier de comédien, comment abordez-vous une représentation ?
J’aime descendre une demi-heure avant le spectacle me balader dans le décor, toucher les accessoires, entendre les gens entrer dans la salle, me familiariser avec eux. Puis surtout me remettre dans le personnage. A un moment il faut se déconnecter de la réalité, repenser à l’enjeu de la pièce pour pouvoir véritablement se concentrer.
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